La technologie GEOD
1. Le pourquoi de GEOD ?
GEOD vient d’une réflexion sur la Mobilité menée par BCI au fil des ans, réflexion qui s’affine et se conforte avec l’évolution du monde technologique de l’internet, des télécommunications et des capacités sans cesse améliorées de l’électronique embarquée (processeur, mémoire, capteurs MEMS, …).
La Mobilité, vue par BCI, est en lien étroit avec la spécificité de consommateur/créateur d’information de l’être humain, spécificité qui prend une importance croissante avec l’évolution de la civilisation technologique, jusqu’à peut-être à terme, conditionner l’essentiel de son temps d’activité (travail, social, ludique). Le phénomène est nouveau et n’est pas encore bien perçu mais il s’installe ; songeons que ce n’est que récemment qu’on a efficacement rompu le lien spatial entre le lieu physique de stockage de l’information et le lieu de son utilisation (réseaux, serveurs, internet) , la bidirectionnalité des communications est encore plus récente (mode IP sur mobile) et commence tout juste à faire émerger la capacité d’émetteur d’information de l’être humain.
La Mobilité ainsi vue est une notion globalisante qui sous-tend 2 conséquences essentielles :
- un aspect « civilisation » car inéluctablement la Mobilité va toucher peu ou prou la totalité des activités humaines, avec des conséquences révolutionnaires qui rendront dérisoires quelques grands débats de société actuels.
Au fil du temps, les applications de la Mobilité seront tellement omniprésentes qu’elles seront intégrées au cadre de vie de chacun et il est probable qu’on ne les remarquera même plus. On trouvera « normal » l’accès facile et immédiat à tout type de savoir, la médecine ambulatoire et la prise en charge en cas d’intervention nécessaire, le monitorage des déplacements, le contrôle actif de l’environnement, le monitorage de la sécurité individuelle, le travail à distance, l’enseignement délocalisé et robotisé, etc.
Sous un angle plus concret, l’évolution technologique va vers la disponibilité pour chacun d’un système qui s’apparente au téléphone portable ; ce système qu’on peut appeler « ultramobile » en différera :
- par sa capacité à connaître son orientation précise dans l’espace (ce qui permettra entre autres de l’utiliser comme désignateur) ;
- par sa capacité à se relier de manière transparente à une foule de systèmes de voisinage, permettant d’en commander l’usage ou de recueillir des informations sur l’environnement.
Ces capacités ne sont pas acquises aujourd’hui ce qui écarte encore l’essentiel du marché de la Mobilité, mais si le progrès technologique se poursuit on peut estimer que sous 2 ans voire 3, on pourra économiquement rencontrer ces capacités.
Un tel ultramobile sera le lien privilégié entre l’être humain et un monde invisible mais bien réel que certains dénomment déjà l’« infosphère », constitué de réseaux de télécommunications, de serveurs gérant les innombrables applications, de machines diverses, d’ultraportables…
Les applications demandent des logiciels et des données dont la plupart vivront en temps réel ou quasi réel. Pour beaucoup, le lien avec le monde réel relèvera du couple localisation/modélisation du monde. On entend par modélisation du monde la description généralisée de l’environnement et de tous les objets qui y résident et ce sous une forme qui en permet la « lisibilité » aussi bien pour l’être humain (je suis à tel endroit) que pour les machines : il est convenu de parler de bases de données généralisées. Ce sont les logiciels applicatifs qui vont traiter les données en fonction du besoin (qui n’est limité que par l’imagination) des êtres humains (par exemple nécessité de visualisation dite naturelle en 3D) ou des machines.
Pour une part, un des aspects de ces bases de données de Mobilité concerne leur lien avec la Terre où nous vivons : cet aspect est dit d’ordre cartographique. Le mot cartographique est pris au sens large car il recouvre aussi bien la description vectorielle d’une rue que la représentation 3D des bâtiments et des trottoirs qui la bordent ou encore la description surfacique d’un champ de céréales avec tous les « attributs » que l’on peut attacher à tout endroit aussi petit soit-il.
En filigrane, on voit que le besoin en matière de modélisation cartographique du monde va jusqu’à un modèle informatique global appelé la « Terre Numérique »… Ce modèle est essentiel aux applications de Mobilité ne serait ce que pour des questions de cohérence des applicatifs entre eux (unicité du support descriptif).
La finesse de description nécessaire à certaines applications, qui exigent de figurer des détails dont les dimensions peuvent être inférieures au mètre (besoin de la navigation du piéton), implique la gestion d’un volume considérable de données – volume qui croît avec la nécessité d’une mise à jour dont la fréquence augmente elle-même avec la finesse du détail. La gestion d’un tel modèle de la terre, en temps quasi réel, relève d’une technologie qui n’est PAS celle connue aujourd’hui et utilisée pour décrire (si pauvrement) le seul réseau routier.
Imprimer



